Venera

Un berceau balance, c’est ma mère qui l’actionne avec une ficelle attachée à son pied, pendant qu’elle coud. C’est moi qui suis dedans. Dans l’alignement de la rue, au fond, l’Etna, au sommet encore blanchi par les neiges de printemps. De l’autre coté, la mer. Trois ans là-bas, bambina, j’en garde les odeurs, le timbre de la langue sicilienne. Puis la Lorraine, mon père à l’usine. Il raconte la Sicile et le soir pour m’endormir des contes, tout en sicilien. En me faisant don de la danse, la déesse Terpsichore m’a en même temps apporté la joie de vivre. Pendant longtemps, c’est la danse qui me passionne et emplit toute ma vie. Puis l’enseignement, les lettres, l’écriture… et ma rencontre avec Henri Gougaud qui a été déterminante. Et le conte revient avec ardeur des profondeurs de mes racines …