Venera Battiato est une bombe tendre. Elle réussit ce prodige, plus d’une heure durant, de faire de nous une famille de paysans siciliens émigrés en Lorraine ouvrière avec bagages, provisions et dans les yeux la vie pointue que rien ne peut désabuser. A elle seule elle est la cour de la maison, la saveur de l’olive, la place du village, le voyage au long cours à travers l’Italie, le chapelet des gares, et Metz, au nord, là-haut, et l’école, l’usine, le père, l’opéra.
Familière, drôle, complice, émouvante et proche, si proche de nos saintes naïvetés, son épopée des pauvres est un de ces moments qu’on n’a pas envie d’oublier. Elle sait changer les mots en lumière, en parfums, en caresses, en musiques