Théâtre en Rond - Sassenage
23 janvier 2009

D'abord, une scène presque vide, avec juste une chaise au centre, et sur le côté un homme entouré de divers instruments. Marc Séchaud commence à jouer, et la voilà qui entre en scène, petite dame vêtue de noir, la chevelure flamboyante et les pieds nus. Venera Battiato, commence à parler à la première personne. La dernière bombe, c'est ainsi que son père appelait sa dernière née dans cette famille sicilienne, comme la dernière fusée du feu d'artifice, souvent la plus belle... C'est son histoire qu'elle nous raconte, en français, italien et sicilien. Et alors nous voyons sa maison, les paysages de Sicile, ces femmes qui s'interpellent ; nous sentons l'odeur du pain qui cuit et des tomates qui sèchent. Et pendant une heure trente, elle nous emmène dans ce train qui les conduit en Italie puis en France, à Metz, où ses parents sont venus chercher du travail, où elle grandit à l'ombre des platanes, des marronniers et des hauts fourneaux ; on vit avec elle ses vacances chaque année en Sicile, une soirée à l'opéra avec son père qui ne comprend pas que ces spectateurs français ne chantent pas pendant le spectacle ; « ils n'aiment pas ? ». En tous cas à Sassenage le public aimait : ça chantait, ça devinait même les noms de gâteaux et des spécialités avant que la conteuse ne les dise. Sans doute beaucoup de compatriotes, pour cette soirée organisée avec l'Institut culturel italien. Mais surtout un spectacle qui honore le festival des Arts du récit, car \on ne peut pas ne pas penser au père spirituel de l'actrice, Henri Gougaud. Comme lui, elle faisait tout simplement vivre son récit, sans nostalgie douloureuse, avec beaucoup d'humour. II a dit d'elle: « Elle sait changer les mots en lumière, en parfums, en caresses, en musique ». Le plaisir et l'émotion étaient présents au Théâtre en rond.